Zazen et ses cousines, histoire de mes fréquentations recommandables

Avant de me mettre en ménage avec Zazen, j’ai rencontré et fréquenté au cours de mon existence, quelques unes de ses cousines/amies que sont Mesdemoiselles Introspection, Relaxation, Contemplation et Sophrologie (sachez que vous avez échappé aux anagrammes comme Sophie Lorgo, Alexia Torn, Monica Pletton, … Ouf ! ).
Tout a commencé avec Introspection, amourette de collégien, que je retrouvais chaque soir au moment de dormir. Je me souviens comme nous refaisions la journée, nous revisitions mes pensées, mes réactions, mes émotions, ce que les autres avaient pu penser, ressentir autour de moi ; quelles auraient pu/du être mes paroles, mes actes. Nous actions et promettions que les prochaines fois seraient bien mieux (c’est quoi « mieux » en fait ??). Cette cohabitation n’a jamais vraiment cessé mais elle vient moins souvent me voir et puis surtout elle était devenue (je vous le dis à vous) un peu pesante. Et enfin, elle m’empêchait de dormir !!

J’ai du assez rapidement me tourner vers Alexia pour trouver enfin un peu de légèreté le soir dans mon lit ; au moment de dormir je veux dire (on va rester PEGI 3 si vous le voulez bien). A l’époque (vers les années 80-90… et oui mes p’tits lecteurs, l’est plus tout jeune le JC !!) tout doucement, les livres concernant le développement personnel commençaient à sortir et les méthodes contenaient des choses assez intéressantes sur l’amélioration du sommeil, comme préliminaire à l’utilisation efficace de ses méninges. Plusieurs relaxations étaient proposées pour aider à l’endormissement, devenues des « classiques » : regarder le noir, sentir son corps devenir lourd et s’enfoncer dans le matelas au rythme de sa respiration, se plonger par la visualisation dans un décor, une atmosphère apaisante, chasser ses pensées, etc etc.
J’utilisais tour à tour chacune de ces techniques mais ma préférée était (et est encore) celle que j’appelle « mon petit train de la mine ».
Je vous mets dans l’ambiance : sous la couette, les yeux bien fermés, du noir émerge en fondu-enchainé un décor de désert genre Far-West (terre ocre et sèche, peu de végétations), à quelques dizaines de mètres, à flanc de colline, l’ouverture d’une vieille mine abandonnée. Tout y est : les montants en bois de guingois, la pioche abandonnée au pied de la colline, la bouche sombre, noire de ce puits de mine… et surtout, les rails qui sortent de cette obscurité, qui viennent vers moi et qui passent sous moi. Je suis littéralement « en apesanteur » au-dessus de ces rails sur lesquels circulent un train ininterrompu de vieux wagonnets vides qui filent et disparaissent dans la mine, dans l’oubli. Il ne manque plus que la musique d’Ennio Morricone.
Maintenant que le décor est planté… action !! Chaque pensée que j’ai pu ressasser, ou qui surgit en moi est visualisée puis l’image est jetée (j’ajouterais presque « violemment ») dans un wagonnet qui l’emporte au loin dans les profondeurs de la mine… adiós muchacha.
Et ça marche très bien ! Pour moi en tout cas. Cette technique de relaxation est celle qui me permet de plonger le plus rapidement dans le sommeil.

Avec Monica, la relation est plus inattendue, moins téléphonée, elle peut subitement poser sa main sur mon épaule sans que je ne l’aie vue arriver et me dire : « Hé ! Stop ! Arrête-toi là et regarde un peu ça… ». Et même s’il m’arrive de ne pas l’écouter (« Pas le temps… », « J’ai pas l’esprit à ça… », « Non vraiment ça tombe mal là, tu me montreras ça une autre fois… ») c’est toujours une bonne surprise. Et surtout l’occasion d’ouvrir une parenthèse pour ne plus faire qu’une chose : contempler. Con-tem-pler, offrir ses yeux à un émerveillement, tout laisser tomber pour, justement, tomber dans la beauté, le grandiose, ou même l’inattendu, le curieux, l’exceptionnel. Mais le plus important : une parenthèse, une focalisation de l’attention qui ne laisse rien pénétrer d’autre que l’émotion induite par cette contemplation. Vous vous êtes déjà retrouvé dans cette situation ou n’existe plus que le lien entre le sujet de votre contemplation, vos yeux et votre coeur… Quelle sensation exaltante, non ?
Je suis motard et j’ai donc cette chance de pouvoir m’arrêter sur le côté de la route, enlever mon casque et profiter… là où la plupart sont coincés, condamnés à avancer dans le flux des voitures. Je prends 1/2 secondes (mais pas plus…) à compatir puis je savoure ma chance et l’instant présent.
Certains (et elle se reconnaitra 😉 ) font de la contemplation une activité dans des régions où le panorama ne laisse jamais insensible, jamais blasé, toujours inspirant. Mais la contemplation peut être juste là… il suffit parfois de s’arrêter, de regarder et l’insignifiant devient signifiant, le petit devient grand, l’annexe devient le sujet. C’est un réflexe qu’il faut cultiver je pense, surtout dans une époque où tout va de plus en plus vite, où l’on est tenté de regarder tout ce que l’on nous impose et pas ce que la Nature nous propose, où la pollution visuelle (panneaux publicitaires, vitrines surchargées, nos propres habitudes : smartphones, etc) est omniprésente… où l’on oublie facilement qu’une toile d’araignée perlée de rosée (séquence poésie) nous attend au coin de la rue, voire même au coin de chez soi. Alors je contemple dés que l’occasion m’en est donnée : chemin dans les bois, arc-en-ciel, fourmis en pleine activité… contemplation de mes souvenirs, contemplation des visages aimés, …

Bon, il est bien occupé le garçon avec ces 3 compagnes-là ! Bah oui mais il lui en fallait encore plus, il a eu besoin d’encore plus… Ces 3 là étaient nées de mes propres constructions mentales et il y a eu un moment, il y a un peu plus de 4 ans en fait, où j’ai eu besoin d’une compagne qui soit formée, voire formalisée, thérapeutiquement étudiée pour m’aider. C’est la sophrologie qui est venue à mon secours. A certains moments de la journée elle était une béquille, un booster, ou bien un soutien lorsque mon mental « lâchait », lorsque mes nerfs prenaient le dessus sur ma raison, mon intellect. Les exercices appris de ma sophrologue m’ont permis de résister aux assauts d’une pathologie qui ne me laissaient que peu de place pour être moi-même. Les visualisations me permettaient à la fois de m’évader, et à la fois de revenir à moi-même. Ce fut vraiment la seule pratique, la seule thérapie qui a eu de l’effet sur moi, merci, merci et encore merci. Quotidiennement je savais pouvoir compter sur « la marche du tigre », « les post-its », « le bateau », « la respiration » pour rétablir un équilibre intérieur perdu. La sophrologie compte des dizaines de façon de se libérer, de s’apaiser, de se retrouver, et je pense que chacun peut y puiser les outils qui lui conviennent (à bon entendeur…).

Le chemin que vous pouvez voir en illustration de cet article est là pour répondre à la question : « Mais où nous emmène-t-il avec tout ça ? », et oui…
Je devais certainement emprunter ce chemin, y rencontrer Ninie (oui je ne l’avais pas nommée celle-là : Ninie Stropoct, ça faisait un peu trop pays de l’Est…), Alexia, Monica, Sophie, cheminer avec elles pour finalement être prêt à rencontrer Zazen et voir en elle tout ce qu’elle pouvait m’apporter. Je savais déjà identifier et analyser mes pensées (mais a posteriori), contempler (mais seulement le monde extérieur), laisser filer mes pensées (mais en les chassant et pour trouver le sommeil), me recentrer sur moi-même (mais à titre curatif). Tous ces « mais » ont trouvé leur complément, toutes ces constructions se sont retrouvées concentrées pour aboutir à Zazen : s’offrir un parenthèse, identifier les pensées au moment où elles sont produites, les observer, les contempler en pleine conscience, pour mieux les laisser filer et retrouver mon « état normal », retrouver un équilibre corps/esprit, une unité.
Je n’oublie aucune d’entre elles et chacune apporte jour après jour ses bienfaits. Et la petite dernière, qui s’avère être malgré tout la plus grande et la plus puissante d’entre-elles, vient compléter une palette d’outils (même si le terme mériterait plus d’emphase) qui me (re-)construisent, me (re-)donnent l’envie de savourer la vie, l’envie de les faire connaître à tous ceux qui en ont besoin, l’envie de les partager, … l’envie d’écrire un Blog ?? Allez !

Un avis sur « Zazen et ses cousines, histoire de mes fréquentations recommandables »

Laisser un commentaire