Là où il y a Zazen, il y a du plaisir !

Remarque préliminaire : la seule explication au fait que mon Blog ne soit pas encore traduit dans une dizaine de langues tient simplement au fait que mes (le qualificatif ne me vient pas, je l’ai sur le bout de la langue pourtant…) jeux de mots ne sont tout simplement pas traduisibles. Enfin, moi, je ne vois que ça !

Zazen, Plaisir : voici 2 mots qu’en tant que novice j’ai du mal à associer. Et pourtant tous les matins (ou presque soyons honnête), mon réveil sonne et à 6h20 je suis connecté à ma Sangha préférée, j’ai fait ou je termine mes étirements (je vous l’ai dit… débutant !!), j’ai allumé mon bâton d’encens, j’ai fait gassho (le salut traditionnel, pour les termes, je vous renvoie vers ce Lexique ) en entrant dans mon Dojo personnel (et très « virtuel » pour l’instant), devant mon zafu/zafuton et face à la Sangha (à la fois si lointaine et si présente) et je m’installe pour zazen jusqu’à environ 7h10.
Pourquoi est-ce que je fais ça ? Sans vouloir vous dégoûter tout de suite, au pire je vais avoir mal aux genoux et aux pieds (que je ne sentirai plus dans 20min), je ne me sentirai pas si bien calé que ça sur mon coussin, ma respiration sera peut-être légèrement opprimée, mes mains ne voudront pas rester simplement posées sur mes cuisses, les pouces se faisant gentiment la bise, et mes pensées créeront un tel maelström que je vais m’y perdre bien plus souvent que je ne le voudrais. Et au mieux alors ?? Et bien au mieux, j’aurai mal au pieds, mes pouces vont faire des pompes, mon dos va s’avachir au rythme de mes pensées et je sortirai la tête de l’eau quelques secondes toutes les 5min à peu près.
Ah oui… Alors quoi ? Et bien sur du très court terme, ces quelques secondes de connexion au présent, à mon corps, ces instants fugitifs sur la berge à regarder le flot tumultueux de mes pensées sont de vraies perles de paix, des instants de pure fraîcheur mentale à savourer à petites gorgées. Et rien que ça, ces micro-instants à l’échelle de notre mesure du temps moderne, ça vaut tout les déboires cités plus haut et que j’ai déjà oubliés…
Et il y a des bonus en plus ? Et oui… et quels bonus !! Je m’en rends compte chaque jour. Il y a toujours un moment où je sens ce réflexe qui s’est déjà un peu imprimé en moi agir : faire un pas en arrière et prendre conscience de ce dans quoi m’entraînent mes neurones. D’un seul coup, le projectionniste appuie sur [Pause], allume la salle et me permet de réaliser à quel film je suis en train d’assister : un mélodrame, un thriller, une comédie, … peu importe le genre, je suis, j’étais en train de me laisser submerger par un enchaînement de situations, d’émotions qui imposaient à ma conscience simple spectatrice leurs conclusions, leurs arguments. Reprendre mes esprits, considérer le fauteuil (moelleux si possible) dans lequel je suis assis, tendre la main vers le pop-corn et revenir à moi. Oh bien sûr, le scénariste a pioché allègrement (et même parfois de façon perverse) dans mes propres souvenirs, dans les pulsions qui sont ancrées parmi les connexions neuronales de mon cerveau. Evidemment que les acteurs ne sont que des proches, des relations, ou des gens qui ont de l’influence sur moi. Il va sans dire que le réalisateur a bien pris soin d’utiliser les techniques qui ont le plus d’impact sur moi. MAIS, tout ceci n’est pas moi ! Je ne suis pas le super-héros ni le super-vilain de cette histoire, je ne suis pas la victime ni le bourreau, je ne suis que moi et simplement moi…
Les ruminations cessent, les ressassements s’épuisent (je sais, je n’aime pas le terme non plus mais il a le bonheur d’exister alors laissons-lui sa chance), et la paix s’installe.
Ne nous méprenons pas, il ne s’agit certainement pas de ne plus ressentir, de ne plus réfléchir, de ne plus se projeter, bien au contraire ! (double-négation, je vais reformuler : ) je prends encore plus conscience de tout ce ressenti, mon acuité augmente encore d’un cran. Simplement je ne m’y perds plus… quelle douce sensation… je ne tombe plus dans le noir, je glisse dans le sommeil… je ne suis plus aveuglé, je contemple en pleine lumière… je ne suis plus assourdi par le vacarme, je perçois et goûte chaque son. Franchement, ça donne envie de vivre ça un peu plus, non ?

Voilà où réside le plaisir.

Un avis sur « Là où il y a Zazen, il y a du plaisir ! »

  1. Cette transe (Si on peut l’appeler comme ça), me fait de l’œil ! Moi qui m’éclate déjà quand je rêve, alors prolonger cette expérience jusque dans la journée, je dis oui !

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