Le ZEN : qu’y cherchons-nous, qu’y trouvons-nous ?


En ces temps de confinement, la nonne Kankyo Tannier assistée de la nonne Leslie Baroche, organise via des visio-conférences des groupes de discussions autour du Zen.
Cela fait maintenant 2 sessions d’1h que nous passons à une petite quinzaine de personnes à réfléchir puis échanger sur une ou deux questions pré-déterminées.

Au-delà de ces discussions, il m’apparaît, à l’écoute de mes condisciples, que si chacun est unique, si chacun est venu vers le zen pour une raison qui lui est propre, si chacun s’est alors engagé dans la pratique dans un but particulier, si chacun, enfin, entrevoit ce qui le maintient dans le Zen… il y a pourtant, ce me semble, un schéma commun.
J’entends en filigrane des différentes présentations, des réponses, des réflexions de chacun des intervenants, la prise de conscience d’une certaine dérive et l’envie de retrouver un cap, une direction, une voie.
Cette dérive est souvent lié à une déconnexion : déconnexion de l’instant présent, déconnexion de soi-même, des autres, de la nature, …

Et le Zen apparaît alors, avec sa philosophie, avec la méditation sans objet qu’est Zazen, comme un phare donnant enfin ce cap, cette direction qui nous permet de rallier la terre promise, ce corps que nous avions laissé de côté, cette nature que nous avons négligée, cette personne (nous-même y compris) que nous ne voyions plus.

Comme tout navire pris dans la tempête en pleine nuit, nous pouvons être privés de repères, n’entrevoyant la lumière de ce phare que par intermittence, refusant parfois de croire que nous l’avons bien vu tant la lumière fut fugace. Il y a des étapes à franchir : s’accrocher à cette lumière et s’approcher suffisamment pour ne plus la perdre de vue. Puis franchir quelques récifs, éviter quelques haut-fonds, et lorsqu’enfin, engagés dans le chenal, le calme règne à bord, la certitude d’arriver à bon port s’installe en nous, il faut encore rester vigilant et, tenant fermement la barre, continuer, continuer, continuer à naviguer sur ces eaux paisibles pour en savourer chaque mile et mener sa vie où l’on veut.

Le bouddhisme Zen est capable de tout cela grâce notamment au Dharma, l’enseignement du bouddha Shakyamuni, et au merveilleux « outil » qu’est la méditation Zen.
Nous pouvons dés lors, par la pratique, par l’adhésion au Dharma, trouver, ou retrouver cette connexion que nous avions perdue.
Cette pratique nécessite quelques efforts, quelques torsions de nos habitudes. Au-delà de la souplesse des jambes pour s’asseoir en méditation, il faut également trouver la force, la volonté d’assouplir nos habitudes, nos réflexes de pensées, nos réflexes de vie si profondément ancrés en nous. Mais quel petit prix à payer pour sentir en nous la paix qui s’installe, pour sentir cette parenthèse que nous pouvons ouvrir dans le tumulte qui nous entoure, pour revenir tout doucement à ce que nous sommes vraiment, allégés des fardeaux que nous n’avions pas à porter mais qui nous pesaient tellement.

J’espère du fond du coeur que chacun de mes condisciples, la plupart comme moi, débutants, voire très débutants, continuent sur cette voie.
J’espère du fond du coeur, que chaque personne, puisse un jour entrevoir la félicité qui se trouve à portée de main, et tende cette main pour saisir une bribe de ce qu’est le Zen, y goûter et y trouver un chemin vers elle-même.


Encore merci à Kankyo et tous les bénévoles autour d’elle qui permettent à tous ceux qui le souhaitent de trouver, à distance, cette esprit de la Sangha, de la communauté de partage autour des valeurs, des enseignements du bouddhisme Zen. 🙏


Un avis sur « Le ZEN : qu’y cherchons-nous, qu’y trouvons-nous ? »

  1. J’aime beaucoup cette métaphore du navire. Elle nous plonge dans une très belle image.
    Plus personnellement, je ne connais rien de plus apaisant et satisfaisant qu’un voyage en mer 😊.
    Encore une fois c’est un très bel article 😉.

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